Contenus pédagogiques

Régulièrement, retrouvez une analyse d’articles scientifiques récents associant le résumé de l’article, un diaporama complet restituant le problème et une analyse critique.

Highlight

Revue de la littérature sur la prise en charge des Adénocarcinomes Ovariens de type Mucineux

  • Le cancer de l’ovaire de type mucineux représente environ 3 % des cancers ovariens épithéliaux et doit être distingué des adénocarcinomes mucineux qui ont métastasé dans l’ovaire (cancer colorectal, …).

    L’expérience du cancer de l’ovaire mucineux et la compréhension de ses caractéristiques biologiques ont montré qu’il s’agit d’une maladie unique nécessitant une prise en charge unique.

    La plupart des cas se manifestent par de grandes masses localisées ; la résection est associée à un bon pronostic.

    L’objectif de cette revue est de montrer les caractéristiques distinctives du cancer de l’ovaire mucineux et de mieux comprendre son paysage moléculaire afin d’optimiser sa prise en charge chirurgicale et médicale.

    Judicael HOTTON
    CLCC de Nancy

Métastases infra-cliniques détectées par un Body-IRM dans le suivi des liposarcomes myxoïdes

  • Les sarcomes des tissus mous (STM) des membres et du tronc exposent au risque de dissémination métastatique de la tumeur.

    Ce risque dépend du type et du grade histologique, de la localisation, la taille et des traitements adjuvants et néo-adjuvants ; la localisation des métastases est préférentiellement dans le parenchyme pulmonaire.

    Il a été rapporté pour le liposarcome myxoïde (MRCLS) un taux élevé de métastases dans les parties molles, et à l’os. Les examens recommandés (Radio et TDM pulmonaire) pour le suivi des patients traités de STM, sont peu performants pour détecter ces métastases des MRCLS.

    Ainsi, les recommandations « UK guidlines, (Dangoor et al. Clin Sarcoma Res 2016, 6-20) » proposent comme alternative, bien que non établi comme examen de routine, de pratiquer des IRM corps entier pour détecter les métastases occultes des MRCLS.

    L’objectif de ce travail est de rapporter les résultats de la réalisation annuelle de bodyIRM dans le cadre du suivi d’une série continue MRCLS dans 2 centres de références français.

     

    Pr Gouin
    Centre Léon Bérard

Place de la chirurgie dans la prise en charge de la récidive du cancer de l’ovaire

  • Une seconde ligne de chimiothérapie à base de sel de platine est actuellement le standard dans la prise en charge de la rechute platine sensible du cancer de l’ovaire.

    La question du bénéfice d’une seconde chirurgie de cytoréduction tumorale lors de la récidive reste en suspens. En 2015, l’analyse des données concernant la chirurgie de la récidive de la cohorte de l’étude CALYPSO (essai clinique de phase III de non infériorité de 2nd ligne de chimiothérapie pour première rechute platine sensible d’un cancer de l’ovaire) ouvre le débat. En effet, parmi les 975 patientes incluses dans l’essai CALYPSO, 19 % avaient bénéficié d’une chirurgie de cytoréduction tumorale de la récidive avant randomisation. Avec 4 ans de médian de suivi, l’étude de survie montre un bénéfice en terme de survie globale (50 mois versus 30) en faveur de la chirurgie. Cependant l’étude montre également que les patientes opérées étaient significativement plus jeunes, en meilleur était général, avaient un plus faible taux de Ca 125 , un intervalle libre avant la rechute plus long. Il existerait donc un bénéfice à une seconde chirurgie chez des patientes sélectionnées. Cette hypothèse était testée ces dernières années à travers trois essais de chirurgie prospectifs randomisés: l’essai hollandais SOCcer, l’essai GOG 0213 et l’essai DESKTOP III.

    Comme vous pourrez le lire à travers le diaporama, aujourd’hui la question du bénéfice d’une chirurgie de la récidive du cancer de l’ovaire persiste amenant la prudence dans nos indications opératoires.

     

    En vous souhaitant une bonne lecture.

     

    Cécile LOAEC
    Chirurgie oncologique gynécologique
    Institut cancérologique de l’ouest – Nantes Saint Herblain

Recommandations sur les marges chirurgicales en chirurgie robotique transorale en ORL

  • Chers amis, chers collègues,

    Pour ce nouvel highlight, le Dr Philippe Gorphe de l’Institut Gustave Roussy nous présente les recommandations sur les marges chirurgicales en chirurgie robotique transorale en ORL. La première partie de cette présentation reprend les concepts de marges chirurgicales, qui s’appliquent à (presque) toute la chirurgie oncologique.

    Bonne lecture,

    Aurélien Dupré
    Centre Léon Bérard, Lyon

Cancer de l’oesophage Analyse de l’essai de stahl au travers d’un cas clinique

  • Chers amis, chers collègues,

    Pour ce nouvel highlight, le Dr Frédéric Dumont de l’Institut de Cancérologie de l’Ouest nous illustre au travers d’un cas clinique, les limites de l’EBM dans les traitements néo-adjuvants des cancers de l’œsophage et la nécessité des discussions en RCP.

    Bonne lecture,

    Aurélien Dupré
    Centre Léon Bérard, Lyon

Current approach of the axilla in patients with early-stage breast cancer

  • Pour ce nouvel highlight, le Dr Rémy Salmon nous résume la place des abords axillaires et du staging ganglionnaire axillaire dans les cancers du sein.

    Il s’agit là d’un parfait exemple de désescalade chirurgicale.

    Bonne lecture,

    Aurélien Dupré
    Centre Léon Bérard, Lyon

Cancer de l’endomètre – Pr Marcos Ballester de l’hôpital Tenon

  • Les highlights de la SFCO sont maintenant déclinés à plusieurs spécialités.

    Pour le mois de Novembre 2017, le Pr Marcos Ballester de l’hôpital Tenon vous propose un cas clinique sur le cancer de l’endomètre soulevant différentes problématiques rencontrées au quotidien.

    En prime, un commentaire audio pour chaque diapositive !

    Bonne lecture,

    Aurélien Dupré
    Centre Léon Bérard, Lyon

Effect of Axillary Dissection vs No Axillary Dissection on 10-Year Overall Survival AmongWomen With Invasive Breast Cancer and Sentinel Node Metastasis – The ACOSOG Z0011 (Alliance) Randomized Clinical Trial

Effect of Interval (7 or 11 weeks) Between Neoadjuvant Radiochemotherapy and Surgery on Complete Pathologic Response in Rectal Cancer: A Multicenter, Randomized, Controlled Trial (GRECCAR-6)

  • Bonjour à tous,

    Cocorico. Quel est l’effet de l’augmentation du délai entre la fin de la radiothérapie et la chirurgie dans les cancers du rectum ?
    Question posée par le GRECCAR dans cette étude randomisée multicentrique française, sur 265 patients.

    Les délais proposés étaient de 11 vs 7 semaines et le critère de jugement principal était le taux de réponse pathologique complète (pCR), puisque plusieurs études rétrospectives retrouvaient une corrélation entre l’augmentation du délai et le taux de pCR. Le taux de pCR dans cette étude était légèrement inférieur aux précédentes données publiées et il n’était pas augmenté par un délai plus long (17,4% vs 15%). De plus, l’augmentation du délai était associé à une augmentation de la morbidité post-opératoire (médicale) et possiblement plus de difficultés opératoires avec moins d’exérèse complète du mésorectum.

    En attendant les résultats oncologiques à long terme (PFS et OS), il n’est pas recommandé d’attendre plus que 7 semaines entre la fin de la radiothérapie et la chirurgie.

    Bonne lecture,

    Aurélien Dupré
    Département de Chirurgie – Centre Léon Bérard

Epidemiology and Prevention of Postsurgical Adhesions Revisited

  • Bonjour à tous,

    Cette semaine, nous nous intéressons aux adhérences intra-abdominales post-opératoires.
    Qui n’a pas été confronté à un ventre blindé, une occlusion sur bride à opérer en pleine nuit… ?
    Le problème des adhérences et de leur prévention est pourtant mal connu des chirurgiens et peu enseigné pendant l’internat de chirurgie.

    Cette revue de la littérature publiée par Ten Broek (un hollandais ayant publié de nombreux travaux cliniques sur les adhérences), s’intéresse au problème économique représenté par les adhérences. Pas de panique, on ne vous embêtera pas avec le modèle de Markov.

    Cette revue et le diaporama permettent d’avoir un condensé de la littérature sur les adhérences : historique, complications (douleurs, occlusions, infertilité), moyens de prévention (barrières anti-adhérentielles) et impact économique.

    En résumé, les adhérences sont responsables de nombreuses complications post-opératoires, aigues et chroniques, qui peuvent être diminuées par l’utilisation de membranes anti-adhérentielles avec un bon ratio coût/efficacité. Le bénéfice semble exister également après laparoscopie, où la « forme galénique » des anti-adhérentiels reste à définir, pour qu’ils soient appliqués facilement.

    L’équipe des Highlights vous souhaite une très bonne année 2017.

    Aurélien Dupré
    Département de Chirurgie – Centre Léon Bérard

Pancreatogastrostomy Versus Pancreatojejunostomy for RECOnstruction After PANCreatoduodenectomy

  • Bonjour à tous,

    Cette semaine, quelle est la meilleure (ou la moins mauvaise !) anastomose pancréatique après DPC.

    Cet essai randomisé en double aveugle allemand comparait le taux de fistule pancréatique clinique après anastomose pancréatico-jéjunale ou pancréatico-gastrique (PG) sur 440 patients (320 en intention de traiter).
    Etude de bonne qualité méthodologique qui montre l’équivalence des 2 techniques de reconstruction, avec cependant un taux de complications hémorragiques supérieur après anastomose PG.

    Belle initiative des allemands qui ont structuré il y a quelques années la recherche clinique en chirurgie au niveau national, avec plusieurs dizaines d’études (dont cet essai) pour répondre à des questions cliniques « quotidiennes ».
    Future perspectives for surgical research in Germany. Diener MK et al. Langenbeck’s archives of surgery 2014.

    Bonnes fêtes de fin d’année,

    Aurélien Dupré
    Département de Chirurgie – Centre Léon Bérard

Effect of Interval (7 or 11 weeks) Between Neoadjuvant Radiochemotherapy and Surgery on Complete Pathologic Response in Rectal Cancer: A Multicenter, Randomized, Controlled Trial (GRECCAR-6)

  • Bonjour à tous,

    Cocorico. Quel est l’effet de l’augmentation du délai entre la fin de la radiothérapie et la chirurgie dans les cancers du rectum ?
    Question posée par le GRECCAR dans cette étude randomisée multicentrique française, sur 265 patients.

    Les délais proposés étaient de 11 vs 7 semaines et le critère de jugement principal était le taux de réponse pathologique complète (pCR), puisque plusieurs études rétrospectives retrouvaient une corrélation entre l’augmentation du délai et le taux de pCR. Le taux de pCR dans cette étude était légèrement inférieur aux précédentes données publiées et il n’était pas augmenté par un délai plus long (17,4% vs 15%). De plus, l’augmentation du délai était associé à une augmentation de la morbidité post-opératoire (médicale) et possiblement plus de difficultés opératoires avec moins d’exérèse complète du mésorectum.

    En attendant les résultats oncologiques à long terme (PFS et OS), il n’est pas recommandé d’attendre plus que 7 semaines entre la fin de la radiothérapie et la chirurgie.

    Bonne lecture,

    Aurélien Dupré
    Département de Chirurgie – Centre Léon Bérard

Is Tumor Detachment from Vascular Structures Equivalent to R0 Resection in Surgery for Colorectal

  • Cette semaine, nous nous intéressons aux marges de résection pour les métastases hépatiques d’origine colorectale

    Dans cette étude rétrospective italienne, les auteurs s’intéressent aux résections R1, définies par une marge inférieure à 1mm. Ils distinguent 2 types de R1 : le R1 parenchymateux et le R1 vasculaire, qui correspond au détachement d’une métastase d’un vaisseaux (glissonien ou sus-hépatique). La complexité des techniques chirurgicales, l’efficacité de la chimiothérapie ont permis au cours des dernières années d’augmenter le nombre de patients éligibles à une chirurgie de résection. Il est maintenant bien établi que les techniques d’épargne parenchymateuse (métastasectomie, destruction focalisée) doivent être privilégiées.

    Les résultats de cette étude montre que les résultats oncologiques sont différents selon le type de R1. Le R1 vasculaire semble équivalent à la résection R0, sans augmentation de la morbidité. Le R1 parenchymateux est en revanche de mauvais pronostic, y compris après chimiothérapie.

    En pratique, ce concept de R1 vasculaire reste intéressant pour certaines métastases, notamment au contact des pédicules glissoniens. Dans les autres cas, l’utilisation des techniques de destruction focalisée est à discuter.

    Avant les vacances, nous vous parlions d’une étude qui évaluait la PCT comme marqueur de fistule colorectale et qui présentait de nombreux biais (notamment d’interprétation). Ci-joint la lettre de réponse envoyée à Annals of Surgery et la réponse des auteurs.

    Bonne lecture !

    Aurélien Dupré
    Département de Chirurgie – Centre Léon Bérard

Procalcitonin Reveals Early Dehiscence in Colorectal Surgery: The PREDICS Study

  • Cette semaine, nous allons discuter de l’intérêt du dosage de la procalcitonine (PCT) comme marqueur précoce de fistule colorectale.

    Dans cette étude prospective italienne sur 504 patients, les auteurs concluent à l’intérêt de la PCT en association avec la CRP : Low levels of PCT, together with low CRP values, seem to be early and reliable markers of AL after colorectal surgery.

    En réalité, les 2 marqueurs ont une bonne valeur prédictive négative, mais une valeur prédictive positive de 20-30%. La PCT a un coût plus élevé que la CRP et n’apporte pas beaucoup de précision diagnostique. Dans la littérature, plusieurs cutt-off de CRP, entre J3 et J5, ont été proposés.
    Une CRP basse reste un marqueur simple et fiable pour faire sortir vos patients rapidement de l’hôpital, sans crainte.
    Au final, un article qui présente plusieurs défauts méthodologiques, de l’analyse statistique à l’interprétation des résultats.
    Idéal pour la lecture critique d’article !

    Les highlights reprendront en Septembre. D’ici là, passez un bon été.
    Bonne lecture,

    Aurélien Dupré
    Département de Chirurgie – Centre Léon Bérard

Randomized Controlled Trial of Intraportal Chemotherapy Combined With Adjuvant Chemotherapy (mFOLFOX6) for Stage II and III Colon Cancer.

  • Cette semaine, nous allons discuter de l’intérêt de la chimiothérapie adjuvante des cancers coliques…par voie portale !
    Dans cette étude randomisée chinoise, les auteurs ont évalué, dans les cancers coliques stades II et III, le bénéfice d’une chimiothérapie intraportale associée à une chimiothérapie systémique par FOLFOX6. La chimiothérapie intraportale était injectée en per-opératoire. L’analyse en intention de traiter, sur 237 patients, retrouvait une augmentation de la survie sans récidive à 3 ans (critère de jugelent principal, 85.2 vs 75.6%, p?=?0.030) mais pas d’influence sur la survie globale à 3 ans.

    Cette étude relance le débat de l’intérêt d’une chimiothérapie intraportale, au rationnel scientifique élégant mais dont l’applicabilité en France semble difficile.

    Aurélien Dupré
    Département de Chirurgie – Centre Léon Bérard

Metastatic Spread Emerging from Liver Metastases of Colorectal Cancer Does the Seed Leave the Soil Again?

Small bites versus large bites for closure of abdominal midline incisions (STITCH): a double-blind, multicentre, randomised controlled trial